La guerre en Ukraine ? Un bon investissement

par | 13 octobre 2022 | 3 Commentaires 

InterviewĂ© en direct ce mar­di par Fox News, dans l’é­mis­sion « Cavuto : Coast to Coast Â» [source], l’a­na­lyste stra­té­gique prin­ci­pal de la chaĂ®ne, le gĂ©né­ral Jack Keane, a expri­mĂ© tout ce que l’é­lite amé­ri­caine repré­sente d’ar­ro­gance, de bĂŞtise et de dangerositĂ© :

Le peuple amé­ri­cain sou­haite conti­nuer Ă  aider l’Ukraine Ă  hau­teur d’en­vi­ron 66 %. C’est donc assez consé­quent, mais il y a des gens au Congrès, dont cer­tains RĂ©publicains, qui ont tou­jours expri­mĂ© une cer­taine inquié­tude quant aux dĂ©penses envers l’Ukraine. Notre pays dis­pose d’un bud­get de 6 000 mil­liards de dol­lars. Il est en fait plus grand que cela de quelques cen­taines de mil­liards. Nous avons inves­ti, et je dis bien inves­ti, 66 mil­liards de dol­lars en Ukraine cette annĂ©e et cela repré­sente envi­ron 1,1 % de notre bud­get. Cet inves­tis­se­ment est très ren­table, car pour rela­ti­ve­ment peu d’argent dans l’in­té­rĂŞt des États-Unis, ce ne sont pas des AmĂ©ricains, mais des Ukrainiens qui meurent dans la guerre avec la Russie. Qu’obtenons-nous pour cet inves­tis­se­ment ? Nous avons Poutine, que nous avons Ă©li­mi­nĂ© pour des annĂ©es, et que nous ne pre­nions pas au sĂ©rieux mal­grĂ© la GĂ©orgie en 2008, mal­grĂ© la Syrie, mal­grĂ© la CrimĂ©e et l’est de l’Ukraine en 2014. Parce que c’est une puis­sance en dĂ©clin, son Ă©co­no­mie ne tient qu’au rĂ©ser­voir Ă  essence, c’est une Ă©co­no­mie uni-dimen­sion­nelle, et nous avions ten­dance Ă  ne pas la prendre au sĂ©rieux.
[ … ]
Pourtant, tout ce temps, tout ce dont Poutine a par­lé, c’est que l’Ukraine fait par­tie de la Russie, et je vais en faire une par­tie de la Russie. Soit dit en pas­sant, le pré­sident Xi dit la même chose à pro­pos de Taiwan. Et aus­si, et c’est la par­tie impor­tante, son des­sein de rame­ner sous l’é­gide de la Russie les anciennes répu­bliques sovié­tiques qui sont main­te­nant dans l’OTAN, c’est-à-dire en grande par­tie les pays baltes, en par­ti­cu­lier la Pologne, à un moindre degré la Roumanie. Nous avons reje­té tout cela, mais je crois que Poutine ne l’a jamais aban­don­né. Donc, pour 66 mil­liards de dol­lars, ce que nous obte­nons, c’est que l’Ukraine se bat, elle détruit lit­té­ra­le­ment l’ar­mée russe sur le champ de bataille, ce qui retar­de­ra la Russie pen­dant des années et l’empêchera d’ac­com­plir sous Poutine l’une de ses ambi­tions de réin­té­grer cer­taines des répu­bliques sovié­tiques. Soit dit en pas­sant, si cela se pro­dui­sait, cela signi­fie­rait une guerre entre l’OTAN et la Russie. L’ampleur de ce conflit serait beau­coup plus grande que ce qu’elle est en ce moment.

Tout d’a­bord sur la forme :
Tout ana­lyste stra­té­gique prin­ci­pal de la chaĂ®ne qu’il soit, le gĂ©né­ral Jack Keane appa­raĂ®t dans un imbro­glio de fenĂŞtres qui affichent en direct les cours du pĂ©trole, de l’or et de Wall Street. L’intervention de l’a­na­lyste est une fenĂŞtre de plus dans ce gali­ma­tias spé­cu­la­tif. Ă€ noter Ă©ga­le­ment : le must de la Bien Pensance, le pins avec les deux dra­peaux ukrai­nien et nord-amĂ©ricain.Pins drapeaux USA Ukraine

La guerre comme un inves­tis­se­ment ren­table :
Notre expert insiste sur le mot « inves­tis­se­ment Â», car c’est ain­si qu’il faut voir les choses selon lui. La guerre en Ukraine ? Ă€ peine 1 % de notre bud­get. Peanuts ! Les morts par dizaines de mil­liers ? Ce sont des Russes et des Ukrainiens, et donc qui ne comptent pas. Les tor­tures per­pé­trĂ©es par les milices ban­dé­ristes ? Connais pas. Une nation bien­tĂ´t anĂ©an­tie ? Connais pas. Tout cela est rame­nĂ© au dol­lar. La guerre comme un busi­ness rentable.Dollar - Planche billets

IncapacitĂ© Ă  voir la rĂ©a­li­tĂ© :
L’Ukraine se bat, elle dĂ©truit lit­té­ra­le­ment l’armĂ©e russe sur le champ de bataille, avance notre game­lin yan­kee. Ce ne sont pas les infor­ma­tions qui nous par­viennent. Il pour­suit : … ce qui retar­de­ra la Russie pen­dant des annĂ©es. Pour le moment c’est l’Ukraine qui subit la des­truc­tion de ses infra­struc­tures Ă©ner­gé­tiques et met­tra plu­sieurs annĂ©es Ă  les recons­truire. Pour le moment la Russie atteint ses objec­tifs de pro­té­ger les ter­ri­toires rus­so­phones.
Par ailleurs l’analyste stra­té­gique prin­ci­pal de Fox News n’est pas plus stra­tège que notre ministre de l’é­co­no­mie, Bruno Lemaire, qui nous annon­çait l’ef­fon­dre­ment de l’é­co­no­mie russe.

Vous allez voir ce que vous allez voir…
Le gĂ©né­ral Ă  la retraite nous aver­tit qu’une guerre entre l’OTAN et la Russie pour­rait Ă©cla­ter. Et lĂ  l’ampleur de ce conflit serait beau­coup plus grande que ce qu’elle est en ce moment. On est confon­du par autant de sot­tise car l’OTAN est dĂ©jĂ  en guerre avec la Russie, et ce depuis 2014. Il ne le sait pas ?

Un autre gĂ©né­ral amé­ri­cain, le gĂ©né­ral MichaĂ«l Flynn, ancien conseiller Ă  la sĂ©cu­ri­tĂ© natio­nale des États-Unis, proche de Donald Trump et gou­rou des Q‑Anons, sou­haite de son cĂ´tĂ© que l’OTAN se dĂ©sen­gage de l’Ukraine :

Donald Trump - Michael Flynn

Michael Flynn avec Donald Trump

L’Ukraine, Ă©tant une « nation indé­pen­dante Â», n’in­té­resse que l’Ukraine, mais son indé­pen­dance n’est pas vitale pour les États-Unis. L’Ukraine n’est pas membre de l’OTAN, et compte tenu de l’ex­pan­sion mas­sive de l’OTAN, nous avons main­te­nant 28 autres pays Ă  dĂ©fendre.

C’est dĂ©jĂ  bien moins sot que les pro­pos de son col­lègue Keane, mais ce n’est pas ras­su­rant pour autant. Vous avez bien lu : « â€¦ nous avons main­te­nant 28 autres pays Ă  dĂ©fendre. Â» Le gĂ©né­ral Flynn est bien dans une dĂ©marche impé­ria­liste. Nous [les États-Unis] nous sommes attri­buĂ© le droit de dĂ©fendre 28 pays, par lĂ -mĂŞme vas­sa­li­sĂ©s. Mais de quel droit ?Caricature OTAN Europe UkraineEn Ukraine la Russie mène bien une guerre contre l’OTAN, et Ă  tra­vers l’OTAN contre l’empire amé­ri­cain et ses valeurs dont on ne veut pas : argent-roi, maté­ria­lisme, illé­trisme, dĂ©ra­ci­ne­ment, noma­disme (si cher Ă  Attali), acul­tu­ra­tion, mĂ©tis­sage, LGBTQIA+ et trans­genre, GPA, etc. En un mot : le wokisme.

La France serait bien avi­sĂ©e de quit­ter l’OTAN avant que cette orga­ni­sa­tion « en mort cĂ©ré­brale Â» selon Macron lui-mĂŞme, ne sombre dans la ras­pou­tit­sa(1) ukrai­nienne, comme d’autres empires avant elle.

Georges Gourdin

(1) La ras­pou­tit­sa (en russe, lit­té­ra­le­ment « sai­son des mau­vaises routes Â») dĂ©signe les pĂ©riodes de l’an­nĂ©e durant les­quelles, du fait de la fonte des neiges au prin­temps ou des pluies d’au­tomne, une grande par­tie des ter­rains plats se trans­forment en mer de boue sous l’ac­tion de l’eau. Le phé­no­mène affecte par­ti­cu­liè­re­ment les routes lors­qu’elles ne sont pas asphal­tĂ©es [source WikipĂ©dia].

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Georges Gourdin

3 Commentaires 

  1. Voilà du bien lucide…
    Que nos JOURNALEUX nazis­la­mistes et lèche-babouches le lisent et que la masse inculte (niveau « Tournez Manège Â») regarde …. les images…….

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  2. Si la Russie enva­hit l’Ukraine, je pro­pose que la France enva­hisse l’Algérie qui a été dépar­te­ment fran­çais. Ainsi il n’y aura plus d’ob­jec­tion à ce que l’on ren­voie les Algériens chez eux, car c’est leur terre natale, la terre de leurs ancêtres, il est indé­cent de les en priver.

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    • Comme cer­tains le pré­tendent, l’AlgĂ©rie n’a jamais Ă©tĂ© une colo­nie mais bien un dĂ©par­te­ment FRANÇAIS avec tous les avan­tages et incon­vé­nients.
      La France y est inter­ve­nue pour stop­per l’es­cla­va­gisme per­pé­tré par les califes de l’époque.
      D’ailleurs les AmĂ©ricains ont tout fait pour que l’AlgĂ©rie se sou­lève pour mettre la main sur le pĂ©trole. C’est chose faite.

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