Douche froide pour le préfet !

par | 4 août 2026 | Aucun com­men­taire

L’une des toutes pre­mières déci­sions du très macro­niste pré­fet des Alpes-Maritimes, Jean-Marie Girier(1), fut de convo­quer le maire d’Antibes, Jean Leonetti, pour lui rap­pe­ler « qu’il fau­dra res­pec­ter la règle ». Celui-ci avait annon­cé qu’il ne fer­me­rait pas les douches de plages(2).
Résultat ? Antibes, Nice, Cagnes-sur-Mer, Mandelieu et d’autres com­munes conti­nuent d’ouvrir leurs douches de plage.
Une belle douche froide… pour le repré­sen­tant de l’État.

On se sou­vient : le 25 juillet, nou­vel arrê­té séche­resse. Fermeture obli­ga­toire des douches de plage dans les com­munes en alerte ren­for­cée. Antibes, fidèle à sa ligne de l’année der­nière (et des années pré­cé­dentes), a refu­sé. Raisons sani­taires, hygiène basique, consom­ma­tion déri­soire (moins de 1 % de l’eau de la ville, bou­tons pous­soirs limi­tant le débit). Jean Leonetti a tenu bon.

Le pré­fet Girier, nom­mé le 9 juillet, a pris ses fonc­tions le 27. Dès le pre­mier jour, il sort les muscles : « Il va fal­loir que tout le monde fasse un effort et à com­men­cer par res­pec­ter la règle. » Et d’annoncer qu’il ren­con­tre­ra le maire d’Antibes « la semaine pro­chaine ». L’autorité, l’ordre, la République… On connaît la chan­son. Sauf que… aujourd’hui, d’après Nice-Matin, les douches rincent tou­jours à :
Antibes : ouvertes, comme annon­cé, mais aus­si
Cagnes-sur-Mer : ouvertes aus­si (cas par­ti­cu­lier tech­nique : l’eau vient du bas­sin du Loup, pla­cé seule­ment en alerte, pas en crise),
Nice : tou­jours opé­ra­tion­nelles sur plu­sieurs plages (Sainte-Hélène et d’autres),
Mandelieu : le maire Sébastien Leroy se jette à l’eau et cri­tique ouver­te­ment la déci­sion préfectorale :

« Plutôt que d’im­po­ser chaque année des inter­dic­tions sym­bo­liques à l’im­pact très limi­té, comme les douches de plage dont la consom­ma­tion est pure­ment anec­do­tique, il serait bien plus judi­cieux, stra­té­gique et res­pon­sable de ces­ser de frei­ner nos pro­jets de réuti­li­sa­tion des eaux usées trai­tées. »

Cannes joue le En Même Temps : la mai­rie fer­me­ra les douches de plage tout en atta­quant la « déci­sion absurde » du préfet.

Notre lec­teur Léon nous écrit(3) :
À Nice on peut se bai­gner dans la mer sans dépen­ser un sou. Sur 5 plages il y a des cordes pour remon­ter sur la plage, il y a des douches à proxi­mi­té, il y a même à par­tir du mois de juillet des toi­lettes gra­tuites. Il y a des postes de secours sur toutes les plages.
Le Préfet nou­vel­le­ment arri­vé a retrans­mis une cir­cu­laire minis­té­rielle.
À Nice, Sainte Hélène, la douche fonc­tionne toujours.

Les plus impor­tantes com­munes du lit­to­ral entendent plus volon­tiers leurs élec­teurs que les injonc­tions de l’Administration. Le camou­flet est fla­grant. On ne peut s’empêcher de sou­rire. Le « mis­si domi­ni­ci » macro­niste arrive avec la mis­sion impli­cite de « cadrer » les col­lec­ti­vi­tés locales rebelles. Et voi­là qu’il se prend une douche froide dès les pre­miers jours. Les maires, eux, semblent avoir com­pris ce que le pré­fet feint d’ignorer : les douches de plage ne résou­dront pas les pro­blèmes d’eau. L’évaporation d’une seule pis­cine en consomme plus qu’une douche. Les fuites des réseaux, encore davan­tage. Et les cli­ma­ti­sa­tions… n’en par­lons pas !

Comme nous l’écrivions déjà le 26 juillet (et en 2025, et en 2023), fer­mer les douches de plage est une mesure anti-sociale, pure­ment sym­bo­lique, qui vise les bai­gneurs modestes tout en lais­sant tran­quilles les gros consom­ma­teurs. Antibes s’est mouillée et l’a dit clai­re­ment. Nice, Cagnes-sur-Mer, Mandelieu appuient.

Monsieur le Préfet vou­lait mon­trer qu’il com­man­dait. « C’est moi l’chef ! » pen­sait-il à l’ins­tar de son men­tor. Les maires lui ont gen­ti­ment répon­du : «  On se douche quand même ». Une leçon de prag­ma­tisme local face à l’autoritarisme pari­sien recy­clé. On en repar­le­ra sans doute après la « ren­contre » du pré­fet avec Jean Leonetti. En atten­dant le pre­mier fonc­tion­naire du dépar­te­ment doit pes­ter au bord de sa pis­cine, tan­dis les bai­gneurs sans pis­cine, peuvent conti­nuer de se bai­gner dans la Grande Bleue.

Nice Plage galets

[NDLR] Illustration à la une réa­li­sée par IA

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Lire dans les com­men­taires de notre article : Le pré­fet des Alpes-Maritimes ne s’est pas bai­gné sou­vent dans la mer du 26 juillet 2026

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